SRAS, Ebola, Zika, H1N1... Comment se sont terminées les précédentes épidémies ?

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Avant l’actuelle pandémie de coronavirus, d’autres virus ont fait des ravages, sans toutefois atteindre l’ampleur du Covid-19.

C’est la question à laquelle chacun voudrait avoir la réponse : comment va se terminer l’épidémie de Covid-19, qui a déjà touché plus de 2 millions de personnes dans le monde ? Une chose est sûre : le virus du Sars-Cov-2 ne disparaîtra jamais définitivement.

Les virus transmis par l’animal ne peuvent être éradiqués, car leur réservoir persiste, rappelle Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, dans Les Échos. Les seuls à pouvoir être éradiqués sont les virus dont l’Homme est le seul réservoir, comme celui de la variole, la rougeole ou la polio.

Ce qui est rarement le cas, puisque 75 % des maladies émergentes décrites chez l’Homme sont d’origine animale.
  • Alors comment les précédentes épidémies ont-elles fini ?

SRAS

La première épidémie due au virus du Sars a principalement frappé l’Asie avec plus de 8.000 cas et 774 morts à travers le monde entre 2002 et 2003. Malgré un taux de décès bien supérieur à celui du Sars-Cov-2 , sa contagiosité était bien inférieure. Contrairement au Covid-19, où de nombreux cas asymptomatiques n’ont pas pu être détectés, il semble que seuls les contacts rapprochés et prolongés avec des personnes très malades entraînaient une contagion. Une mise en quarantaine précoce des malades dès le début de l’épidémie en Chine et à Hong-Kong ainsi que des contrôles renforcés aux frontières ont donc permis d’empêcher une propagation massive. Enfin, le facteur saisonnier semble avoir joué, l’épidémie s’étant naturellement arrêtée au début du printemps.

MERS-Cov

Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, causé par un autre coronavirus détecté en 2012 en Arabie saoudite, a touché plus de 2.500 personnes. Le MERS se propage essentiellement par les contacts rapprochés avec le chameau, l’hôte intermédiaire du virus, même si de rares cas de transmission interhumaine ont été enregistrés dans un hôpital du Corée du Sud. Sa propagation est donc restée très limitée, même si des cas ont été enregistrés dans 27 pays . De rares cas sporadiques sont régulièrement enregistrés au Moyen-Orient.

Le saviez-vous ?

L’Organisation mondiale de la Santé considère qu’une épidémie est finie lorsqu’aucun nouveau cas n’a été détecté au cours des 20 derniers jours dans une région donnée ou au niveau mondial.

Ebola

Découvert en 1979 et responsable d’une première épidémie au Soudan et en République démocratique du Congo , le virus Ebola est réapparu en 2014 en Afrique de l’Ouest, causant 11.000 morts entre 2014 et 2016. Un bilan très lourd dû notamment à la forte mortalité du virus, supérieure à 60 %. Contrairement au Covid-19, le virus ne se transmet par aérosol mais par contact étroit avec du sang, des sécrétions souillées ou des animaux sauvages. Le contenir est donc beaucoup plus facile en appliquant des mesures d’hygiène strictes. Ebola sévit toujours en RDC, mais plusieurs vaccins ont été mis au point.

Zika

Le virus Zika, de la même famille que celui de la dengue ou la fièvre jaune, a déclenché une épidémie dans plus d’une trentaine de pays situés en Amérique du Sud, Amérique centrale et dans les Caraïbes en 2015. Entre 20.000 et 35.000 cas ont été enregistrés, dont de rares cas en Europe pour des patients revenant de zone infectée. Transmis par le moustique et causant des symptômes de type grippal , il déclenche cependant de graves complications sur le nouveau-né, et chez les femmes enceintes. Une lutte efficace contre le moustique a permis d’éradiquer l’épidémie, même si le virus reste présent dans la région.

Grippe H1N1

La grippe porcine H1N1 est due à un virus grippal de type A se trouvant habituellement chez les oiseaux et le porc. La maladie a été transmise à l’Homme accidentellement en 2009, déclenchant une pandémie. Se transmettant par voie aérosole comme la grippe saisonnière, le H1N1 s’est pourtant avéré trois fois moins contagieux et son impact est resté limité, avec 18.156 décès dans 213 pays selon l’OMS. D’abord en raison du vaccin, même si les 94 millions de doses qu’avait commandées la France lui sont presque restés sur les bras. D’autre part, « certaines personnes avaient déjà rencontré soit l’épitope H1, soit N1, et possédaient donc déjà une certaine immunité», explique Étienne Decroly sur LCI.


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