Boycott contre le racisme: «Facebook fait un calcul économique»

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Le mouvement anti-racisme s’amplifie depuis la mort brutale de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié lors d’un contrôle de police à Minneapolis, aux États-Unis.

La colère est dirigée, entre autres, contre les réseaux sociaux, perçus comme trop laxistes envers les messages racistes et d’incitation à la haine et à la violence.

Près de 200 marques, comme Starbucks, Ford, Coca-Cola, Levis, Hewlett-Packard, Unilever, Adidas ou encore Puma ont décidé depuis une semaine de cesser leurs campagnes publicitaires sur Facebook au nom de la lutte contre le racisme.
Le titre a rebondi de 10 milliards lundi, son fondateur Mark Zuckerberg ayant promis, une fois encore, de durcir sa politique de modération.

Mais ces promesses et ces soubresauts boursiers ne vont pas changer profondément la donne, selon François Laurent, coprésident d”Adetem, Association nationale du marketing. Ce serait aussi le site le plus visité au monde après Google et YouTube.
Plus il y a de « conneries », de « saloperies » sur Facebook, plus le trafic augmente et donc plus la publicité se vend. Ce sont des termes extrêmes, mais il n’y a pas d’autres façons de caractériser l’appel à la haine raciale.

Quand je dis que Facebook ne prend pas de grands risques, je ne veux pas dire que Facebook a raison. Je pense en effet que Mark Zuckerberg surfe sur l’immonde. C’est grave d’un point de vue éthique. Il veillera à ce qu’il n’y ait pas trop d’annonceurs qui le quittent, mais aussi à ne pas trop diminuer son trafic pour pouvoir vendre de la publicité. Zuckerberg a décidé alors de réglementer les choses. Il a diminué la part de voix des médias classiques dans la « timeline » des internautes, au lieu de favoriser les médias pour dépister les fausses informations.

Pourquoi des centaines de marques font-elles pression maintenant sur Facebook en coupant leur budget publicitaire ? Vous disiez qu’elles se faisaient avoir…

Je pense qu’il y a une bonne part de sincérité pour certaines entreprises, mais pour d’autres, c’est le moyen de se faire un peu de publicité sur le dos de Facebook. Il faut savoir qu’aux débuts de Facebook, les marques ont payé pour se faire des « amis » sur Facebook. C’était alors un monde de bisounours. Facebook créait des espaces pour les marques et elles payaient très cher pour avoir des amis. Une fois qu’elles ont été bien installées, Facebook leur a dit qu’il ne voulait plus surcharger les internautes de publicités. Le problème est que tout le monde voulait être sur Facebook et celui qui ne voulait pas passait pour un ringard. Cela a créé tout un ensemble de trafic et plus il y avait de marques sur Facebook, plus la plateforme fermait le robinet de ce que les internautes pouvaient voir.

Les marques ont donc finalement plutôt intérêt à quitter le navire Facebook ?

Si les marques prennent ce tournant éthique, là, les réseaux sociaux auront du souci à se faire.


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