De l'art de faire parler un virus et de lui faire dire ce qu'on veut.

Publié le Modifié

——— ⬛ À retrouver dans l’émission La Transition par Hervé GardetteLe 12/06/2020

La Fondation Jean Jaurès publie une étude qui remet en cause la grille de lecture sur la propagation du coronavirus en raison des conditions démographiques et sociales. L’occasion de revenir sur certains raccourcis énoncés pendant l’épidémie.

Il y aurait un travail intéressant à faire, qui consisterait à relire les tribunes et chroniques écrites depuis le début de la crise du coronavirus pour passer au tamis des connaissances d’aujourd’hui les vérités énoncées hier, de manière parfois un peu péremptoires.

Faisons un peu d’autocritique :

Prenez par ex la densité de population, considérée comme un facteur aggravant. Cartes à l’appui, Hervé Le Bras montre qu’on ne peut pas établir de corrélation entre le niveau de cette densité et la létalité du virus. Idem pour la proportion de personnes âgées sur un territoire, censée là aussi favoriser la propagation de la maladie.
Or il s’avère que
1) c’est dans les départements les plus âgés que l’épidémie a le moins sévi,
2) que si 82% des personnes tuées par le coronavirus ont plus de 70 ans, cette même tranche d’âge représente 77% des décès en temps normal.
C’est un peu moins, mais un peu seulement.

Méthodologie d’analyse des informations

Cette petite leçon de méthodologie démontre, s’il en était besoin, qu’il faut se méfier des explications qui relèvent de l’évidence. Celle-ci ne résiste pas toujours à l’examen des faits. Et c’est valable dans tous les domaines : l’écologie n’échappe pas à la règle.


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